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ADDUCTION EAU POTALE La phase préparatoire Comme pour tous les projets, nous avons, au cours de cette phase, travaillé en trois temps : nous avons initialement commencé par une analyse et un diagnostic de la situation, puis réalisé l’esquisse d’un compromis entre le possible et le souhaitable, et enfin réalisé des choix stratégiques. Pour illustrer ce propos, nous allons vous raconter une discussion avec le propriétaire du terrain sur lequel se trouve la source, quelques habitants des deux villages et le technicien chargé de l’étude et de la réalisation du projet. Afin de leur garantir un débit plus important, le technicien voulait déplacer le point d’eau existant d’une centaine de mètres en contrebas. Solution qui, quoique techniquement et matériellement meilleure que celle existante n’enchantait pas les populations du village voisin. Ne comprenant pas tout de suite ce qui se jouait, j’ai été éclairé par le technicien qui a vite compris les enjeux de la situation. Aucune habitation ne se trouvant près de l’endroit où il voulait implanter ce point d’eau, les populations étaient inquiètes pour les jeunes filles qui font traditionnellement la « corvée d’eau ». il a été convenu de réaliser ce point non loin de celui existant actuellement. Nous avons commencé par une descente sur le terrain afin de visiter le site et comprendre pourquoi il n’y avait plus d’eau. C’est ainsi, qu’après avoir pris connaissance de l’ampleur de la situation, il a été procédé par le responsable du chantier à la détermination de la zone de captage, avec le concours du propriétaire du terrain qui a fait une critique très pertinente du travail fait par les techniciens du génie rural qui avaient réalisé le précédent chantier. Une étude très détaillée des problèmes a permis d’identifier un certain nombres de solutions et déterminer le type de travaux à effectuer. Il s’agissait donc de « détruire » toute la plantation de bambous sur la zone déterminée de captage de l’eau, et de procéder aux fouilles après implantations du chantier. Fouilles qui déboucheront sur le captage de l’eau, à plus de deux mètres de profondeur. Cette eau sera conduite dans l’ancien réservoir de stockage qui deviendra réservoir de décantation après nettoyage (compte tenu de sa faible contenance), puis cette eau sera acheminée au réservoir de stockage d’une contenance de plus de 60 mètres cubes. C’est à partir de là que l’eau sera acheminée, par gravitation naturelle, aux différentes points que sont : la chefferie, l’école et les trois quartiers du village. Au total six bornes fontaines et lavoirs doivent être construits. Mise en oeuvre du projet Au cours de cette phase, le chef du chantier, M. TCHAMOU a procédé à l’élaboration des plans et des devis quantitatifs et qualitatifs, avant d’entamer avec le concours des populations et des artisans l’exécution des travaux. La phase d’exécution et du suivi des travaux Cette phase se décline en cinq temps principaux : il s’agit de la réalisation des fouilles, puis du captage de l’eau qui est orientée vers les réservoirs de décantation, puis de stockage, puis de la réalisation de la plomberie et enfin de la construction des bornes fontaines et lavoirs. Les fouilles Après une implantation faite par le technicien, des jeunes enfants (pour la plupart petits-fils du propriétaires du terrain), ont réalisé des fouilles (une tranchée large d’une soixantaine de centimètres) atteignant près de trois mètres de profondeur à certains endroits. Suivant une pente naturelle, l’eau est appelée à couler vers les réservoirs successifs, puis vers les différents points de consommation. Ce chantier s’étend sur près de trois kilomètres car il s’agit de creuser pour avoir de l’eau, puis d’acheminer cette eau aux populations en aménageant plusieurs points d’eau dans les villages. Le captage Le captage est réalisé à la suite des fouilles sur un arc de cercle de près de 60 mètres. Après avoir identifié l’aquifère, le substratum imperméable, les techniciens ont suivi les filets d’eau et approfondit la tranchée jusqu’à atteindre une profondeur suffisante (atteignant 3 mètres à certains endroits) pour assurer une qualité fiable de l’eau captée. Des drains-captants fabriqués à partir de tubes PVC de 100 mm ont été installés au centre de « coffrage » réalisé avec deux rangées de parpaings, afin d’augmenter le rayon d’action et la productivité d’une boite de captage simple. Ces drains sont posés au fond de la tranchée sur un lit de propreté en graviers. Une fois posé, le tube drainant a été rapidement recouvert sur toute sa longueur d’une couche de graviers d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur et d’autant de largeur afin d’augmenter les capacités drainantes de l’installation et d’assurer un certain filtrage des impuretés. Une dallette est posée sur les assises de parpaings avant les remblais. La boite de collecte a pour unique but de recevoir les eaux collectées par le drainage. Elle est équipée d’une trappe de visite, d’un trop-plein et du départ des adductions vers le réservoir de décantation situé à environ 8O mètres. Le réservoir de décantation Ce réservoir d’une capacité de 6 m3 environ sert au repos de l’eau après le captage. Il est réalisé en maçonnerie de pierre, béton et mortier dosé à 400 kg/m3. La décantation permet aux déchets de se déposer sous l’effet de la gravité. Le procédé de filtration de l’eau est essentiellement physique. L’eau passe au travers de plusieurs couches de sable. Le réservoir de stockage de l’eau Situé à près de cent mètres en contrebas du réservoir de décantation, un second réservoir de grande contenance permet le stockage de l’eau qui est ensuite acheminée dans les différents quartiers des villages partenaires de ce projet. L’acheminement des matériaux (fortement réévalués à cause de nouvelles taxes) aura été une des principales difficultés de ce chantier, avec la location des camions à 182,94 € le voyage. Les canalisations et points d’eau Un vaste réseau de canalisation part de la boite de captage au premier réservoir, puis du réservoir de décantation au réservoir de stockage, puis vers les différents points de consommation de l’eau dans les villages associés au projet. Profondément enfouis dans le sol, les tuyaux en « PVC pression » de diamètres variant entre 63 et 100 cm de diamètre (39,64 € le tuyau de 8 mètres) permettent l’écoulement de l’eau dont de nombreuses vannes de différents calibrages permettent de réguler la distribution des différents points d’eau en fonction de la densité des populations des différents quartiers concernés. Les points d’eau à réaliser sont l’équivalent d’anciens lavoirs devenus « vestiges » d’un passé (pas si lointain) dans les différentes communes de France.
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